Dans les secteurs cruciaux — l'énergie, l'IA, la défense et l'espace — le pays est confronté à une seule contrainte contraignante : une exécution rapide et à grande échelle. Ce plan d'action décrit les étapes que les dirigeants ont convenu de prendre dès maintenant.
Lors du Sommet des dirigeants de BHER en 2026, les dirigeants ont cerné six domaines prioritaires dans lesquels une action coordonnée entre les gouvernements, l'industrie et les établissements postsecondaires peut permettre au Canada de réaliser la prochaine phase de croissance économique et de capacité stratégique.
Dans chaque domaine, les dirigeants ont souligné les mesures immédiates prises pour accélérer la capacité nationale, la productivité et la compétitivité. Ensemble, ces priorités forment un programme d'exécution pratique pour l'année à venir.
1. ÉNERGIE ET CAPACITÉ INDUSTRIELLE :
Alimentation de la prochaine économie du Canada
L'énergie n'est pas un problème à secteur unique. Elle est nécessaire pour alimenter l'IA, la défense, la fabrication de pointe, la croissance et notre vie quotidienne. Les dirigeants ont été intranchés : sans la coordination de la main-d'œuvre, de la chaîne d'approvisionnement et de la réforme de l'approvisionnement, le capital à lui seul ne permettra pas d'obtenir les résultats énergétiques dont nous avons besoin de toute urgence.
- Réorienter les indicateurs clés de performance des programmes de main-d'oeuvre des chiffres d'emploi vers des gains de productivité mesurables, en alignant les programmes postsecondaires sur les besoins de l'industrie. Le financement devrait être lié à des gains mesurables de productivité, de rendement de la valeur, de vitesse ou de compétitivité mondiale de la main-d'œuvre.
- Normaliser les normes de formation et les titres de compétences à l'échelle du secteur au moyen de tables rondes régionales de l'industrie, en remplaçant les comités consultatifs institutionnels fragmentés et en permettant une mobilité plus rapide de la main-d'œuvre entre les projets.
- Élaborer une « carte thermique » coordonnée à l'échelle nationale de la main-d'œuvre énergétique et de la chaîne d'approvisionnement pour guider les décisions en matière d'approvisionnement, prévenir les goulots d'étranglement de main-d'œuvre et orienter les grands projets vers des pipelines d'approvisionnement stables de plusieurs décennies.
- Amener l'éducation là où se trouvent les projets en élargissant les modèles de « carrefours d'apprentissage » dans les collectivités nordiques et rurales afin que les grands projets renforcent la capacité de la main-d'œuvre locale en amont.
- Positionner les établissements postsecondaires comme des partenaires de confiance pour accroître la participation des Autochtones au marché du travail. Tirer parti du baromètre de confiance plus élevée des collèges et des universités pour améliorer la réconciliation et accroître la participation des Autochtones aux grands projets énergétiques.
2. DÉFENSE ET SÉCURITÉ NATIONALE :
Accroissement des talents et préparation industrielle
L'état de préparation militaire dépend en fin de compte des pipelines d'entraînement et des pipelines de matériel, et non seulement de la stratégie sur le champ de bataille. La demande de personnel qualifié dans l'ensemble des forces armées dépasse maintenant la capacité de recrutement et de formation, à un moment où les préoccupations en matière de souveraineté augmentent.
- Établir des partenariats avec les établissements postsecondaires et l'industrie pour accroître la capacité d'entraînement à la défense en déchargeant l'entraînement non lié au combat afin d'accélérer le temps d'acquisition de compétences.
- Créer un modèle moderne de talents à entrées multiples. Aller au-delà du modèle de carrière traditionnel de 30 ans et permettre l'entrée, la sortie et la rentrée latérales, en permettant aux professionnels qualifiés (p. ex. spécialistes de l'IA, gens de métier) de passer du secteur de la défense au secteur civil.
- Établir des systèmes d'accréditation normalisés pour les anciens combattants et les familles des militaires afin d'accroître la mobilité sectorielle et régionale. Traduire les compétences militaires en titres de compétences reconnus par les civils et améliorer les titres de compétences portatifs pour des secteurs comme l'éducation et les soins de santé.
- Rationaliser les marchés publics et simplifier les processus de passation de marchés et de propositions afin de raccourcir les délais et d'éviter de manquer des fenêtres d'innovation.
- Positionner le Canada comme chef de file en matière d'innovation à double usage. Élargir les bacs à sable de prototypage rapide entre la défense, l'industrie et l'enseignement postsecondaires pour convertir la recherche en capacités déployables et commerciales.
3. L'ESPACE ET LES TECHNOLOGIES CONNEXES
Souveraineté par la capacité
L'espace n'est pas un projet scientifique lointain. C'est au cœur de notre souveraineté nationale, de nos systèmes de communication, de la surveillance du climat et de la prestation des soins de santé. Le Canada est reconnu internationalement comme un partenaire fiable dans les projets spatiaux, mais nous demeurons le seul pays du G7 incapable de lancer ses propres missions.
- Financer de manière stratégique et délibérée davantage de recherches à haut risque et à rendement élevé. Adopter des approches qui acceptent l'échec comme condition nécessaire de l'innovation de rupture.
- Procurer l'innovation et innover en matière d'approvisionnement au moyen d'initiatives qui modifient les politiques existantes, essaient de nouveaux incitatifs, rationalisent les cadres réglementaires et raccourcissent les délais.
- Créer l'écosystème qui maintient la PI canadienne au Canada. Veiller à ce que les nouvelles entreprises en démarrage liées à l'espace puissent obtenir des clients, des capitaux et du soutien à l'échelle nationale plutôt que de déménager à l'étranger pour se développer. Les entreprises canadiennes devraient avoir les premiers clients canadiens.
- Lancer une mission spatiale de bout en bout entièrement canadienne au cours des 5 à 10 prochaines années. Un tel objectif nous permet de mobiliser les établissements postsecondaires, les PME, l'industrie et les étudiants de partout au pays pour qu'ils contribuent de manière collaborative — en renforçant les capacités nationales, les possibilités de commercialisation et le leadership en matière de politiques.
4. INFRASTRUCTURE D'INTELLIGENCE ARTIFICIELLE ET NUMÉRIQUE :
Passer des pilotes à la productivité
Le Canada a été le pionnier de l'intelligence artificielle moderne, mais nos entreprises sont à la traîne de leurs concurrents mondiaux en matière de déploiement commercial. Les dirigeants ont décrit être coincés dans un « purgatoire pilote », où l'expérimentation est courante, mais où la transformation à l'échelle de l'entreprise demeure rare.
- S'engager à déployer l'IA à l'échelle de l'entreprise dans un délai de 12 à 24 mois, en repensant les flux de travail, les structures de gouvernance et les modèles opérationnels afin que l'IA soit intégrée aux opérations de base plutôt que superposées aux processus existants.
- Développer la capacité de calcul souveraine de l'IA — et l'utiliser. Veiller à ce que les entreprises canadiennes adoptent, dans la mesure du possible, une infrastructure nationale d'IA, comme les nouvelles installations de calcul d'IA souveraines émergentes.
- Exiger un approvisionnement axé sur le Canada lorsqu'il existe des solutions viables et créer un registre des fournisseurs canadiens d'IA pour aider à prioriser les solutions nationales.
- Établir des fonds sectoriels pour l'innovation en IA (p. ex. dans le domaine des soins de santé), afin que les entreprises et les institutions puissent se permettre de se procurer et de mettre en œuvre rapidement des solutions d'IA.
- Renforcer la confiance dans le déploiement de l'IA en mettant à l'échelle des applications éprouvées et à faible risque, telles que l'IA prédictive et non générative, permettant aux entreprises plus averses au risque d'élaborer des politiques et des ponts vers une transformation plus large.
- Mesurer les gains de productivité, et non l'adoption d'outils. Rattacher les investissements en IA aux améliorations mesurables de la production, du temps et des coûts, et non au nombre de licences déployées.
5. RECHERCHE ET COMMERCIALISATION :
De la découverte au déploiement
La capacité de main-d'œuvre est devenue la contrainte contraignante pour les projets d'un milliard de dollars dans l'ensemble de l'économie canadienne. Les dirigeants de diverses industries ont demandé que la planification des talents soit prise aussi au sérieux que les engagements en capital.
- Convertissez le financement de la recherche en voies de commercialisation en quelques mois, et non en années. Les processus d'investissement, d'approvisionnement et de réglementation doivent être réalignés pour rattraper le retard beaucoup plus court des autres économies hautement productives sur le marché.
- Explorer des approches novatrices en matière d'approvisionnement, comme les appels d'offres axés sur les résultats, qui préconisent d'obtenir des résultats (p. ex., la « capacité d'IRM fournie ») plutôt que de l'équipement, afin de permettre aux nouvelles entreprises et aux nouveaux services de fournir.
- Créer des équivalents canadiens du financement des missions DARPAstyle en mettant en commun les ressources des entreprises, du gouvernement et des établissements postsecondaires dans le cadre d'initiatives ciblées et assorties d'échéances pour exécuter des projets transformationnels.
- Traiter l'éducation comme une capacité nationale investissable. Reconnaître l'enseignement postsecondaires non pas comme un centre de coûts, mais comme une infrastructure en amont pour la productivité et la souveraineté.
6. LE TALENT EN TANT QU'INFRASTRUCTURE NATIONALE :
Planification de la main-d'œuvre dont le Canada a besoin
La capacité de main-d'œuvre est devenue la contrainte contraignante pour les projets d'un milliard de dollars dans l'ensemble de l'économie canadienne. Les dirigeants de diverses industries ont demandé que la planification des talents soit prise aussi au sérieux que les engagements en capital.
- Harmoniser les prévisions de la main-d'œuvre avec la conception des programmes en temps réel, les grands employeurs partageant des données solides sur les projections futures de la main-d'œuvre avec les institutions et les PME participant à des tables rondes sectorielles.
- Élargir les justificatifs d'identité empilables, portables et fondés sur les compétences. Permettre une requalification et un perfectionnement rapides en fonction des normes de l'industrie plutôt que du temps de siège dans des établissements particuliers.
- Créer des plateformes de cheminement de carrière à l'échelle du secteur. Mettre à l'échelle des outils comme l'initiative de cartographie des carrières dans le secteur de l'énergie de l'Ontario afin que les étudiants puissent se voir eux-mêmes dans des trajectoires professionnelles réelles avant d'entrer au niveau postsecondaires.
- Éviter les chevauchements inutiles entre les établissements. Au lieu que tous les établissements postsecondaires essaient d'offrir chacun de leurs propres programmes, nous devons encourager la collaboration multiinstitutionnelle et multidisciplinaire sur des défis sectoriels complexes.
- Accélérer les cycles décisionnels institutionnels. Les dirigeants ont été mis au défi de retourner dans leur organisation et d'élaborer des plans pour « tout réinventer » selon des échéanciers mesurés en mois et non en années.
L'essentiel
La fenêtre d'action du Canada est ouverte, mais les fenêtres se ferment rapidement.
D'importants investissements sont déjà investis dans les secteurs prioritaires nationaux, notamment l'IA, l'énergie, la défense et l'espace. Le capital est disponible. Le talent est fort. Les institutions sont crédibles.
Ce qui déterminera le succès du Canada maintenant, c'est l'exécution.
L'engagement pris lors du Sommet des dirigeants de cette année était simple : cesser de se réunir autour de défis communs et plutôt se réunir autour d'actions communes. Au cours des 12 prochains mois, on déterminera si le Canada intensifie ses forces ou si elle continue de les voir croître ailleurs.
L'ordre du jour est clair. L'exécution commence maintenant.