Conclusion : Concevoir pour la cohérence et l'impact
La différenciation n'est pas une menace pour l'accès ou la qualité, c'est la façon de fournir les deux. Les systèmes bien conçus ne demandent pas à toutes les institutions de tout faire. Ils fournissent des ressources et reconnaissent les institutions pour leurs forces distinctes — qu'il s'agisse de faire progresser la recherche de calibre mondial, de stimuler le développement de la main-d'œuvre, d'élargir l'accès communautaire, de diriger l'innovation appliquée ou de soutenir les connaissances autochtones — afin que les apprenants, les employeurs et les collectivités soient mieux servis.
Les systèmes véritablement différenciés ne sont pas des hiérarchies. Ce sont des réseaux d'institutions spécialisées qui travaillent de concert à la réalisation d'objectifs nationaux communs, ancrés dans les réalités régionales et appuyés par des cadres stratégiques cohérents. Le Canada dispose déjà des ingrédients nécessaires à de tels systèmes : des universités de recherche concurrentielles à l'échelle mondiale, des écoles polytechniques et des collèges solides, des instituts autochtones et un bassin diversifié de talents. Ce qui manque, c'est l'harmonisation des mandats, du financement et de la gouvernance.
La fenêtre d'action se rétrécit. L'inadéquation des compétences augmente, la compétitivité de la recherche diminue et la confiance du public s'affaiblit. Sans une réforme délibérée, le Canada risque un avenir de chevauchement coûteux, d'excellence diluée et d'éloignement des institutions de leurs objectifs fondamentaux. Avec les bons leviers — réforme du financement, clarté du mandat, infrastructure de mobilité et coordination fédérale-provinciale — la différenciation peut devenir une discipline systémique qui assure l'excellence, l'équité et la compétitivité nationale à long terme.
Différents par leur conception : bâtir des systèmes postsecondaires plus intelligents pour le Canada